OURAGAN

Un film de
Cyril Barbançon, Andy Byatt & Jacqueline Farmer
LE 8 JUIN

Vous êtes ici : Accueil > Le film > Filmer un ouragan

Filmer l’ouragan : un vrai défi technique

Tourner quand souffle un ouragan c’est être confronté à des vents de plus de 200km/h et des pluies torrentielles, ce qui est une véritable épreuve pour les caméras que l'on utilise au cinéma.

Le principal défi a donc été de développer du matériel adapté à ces situations météorologiques extrêmes. En effet, il fallait résoudre l’équation suivante : une équipe réduite (afin de minimiser les risques humains), un tournage en vrai relief (deux caméras de cinéma, une pour l’œil droit, une pour l’œil gauche), un système étanche qui garantisse qu'aucune goutte d’eau n'atteigne les objectifs (le relief ne supportant pas le moindre défaut) le tout robuste, transportable et maniable facilement.

Quand on est face à un ouragan et qu'on appuie sur le bouton REC pour le filmer, il faut que ça fonctionne, il n’y a jamais de 2ème prise possible !

De ces réflexions, sont nés deux modules : Wall-E1 et Wall-E2 (Deux caissons étanches, avec les « yeux » baptisés Wall-E, d’après le film de Pixar).

Wall-E1 est un RIG léger où les deux caméras sont placées côte à côte dans le caisson étanche pour les plans larges réalisés au plus fort de la tempête. Ses yeux tournent à toute vitesse pour éliminer la pluie.

Wall-E2 est plus lourd, et permet de mettre une caméra verticale et une caméra horizontale qui filment à travers un miroir et dont l’entraxe de ses yeux est motorisé (de 1mm à 10cm) ce qui permet de régler le relief. On pourra donc avec ce RIG tourner des plans beaucoup plus proches. Il est également équipé d’un système permettant d’éliminer les gouttes de pluie. Ces mêmes RIG 3D, sortis de leur boîtes étanches permettaient de faire le reste des images hors tempête, que ce soit sur la grue, à l’épaule ou à bord du ballon.

Un autre défi : la météo, ou prévoir l’imprévisible

Nous avons la chance, depuis de nombreuses années, de vivre dans la nature avec nos caméras. Alors oui, depuis longtemps, nous observons les nuages se déplacer, le vent se transformer ; mais pour cette histoire en particulier, il fallait comprendre comment les nuages voyagent autour du globe terrestre. Nous avons commencé par rencontrer de nombreux scientifiques mais aussi, comme tout un chacun, nous avons passé de longues heures devant nos ordinateurs à étudier des cartes et des modèles météorologiques, profitant des outils puissants qui sont aujourd’hui à notre disposition. Après quelques années de travail, nous avons mis en place les « Start and Go ». Un jeu qui consistait, avec l’aide de toutes les analyses, à imaginer l’itinéraire et la puissance de chaque ouragan. Il s'agissait d'observer et de décider ensemble si on partait filmer l’ouragan ou pas. Cette décision, souvent compliquée a prendre, devait prendre en compte des possibilités artistiques, techniques, logistiques et financières. Au total, nous sommes partis filmer 18 ouragans sur la ceinture équatoriale de la Terre.

Petit souvenir d’un « Start and Go » pour le Mexique. Il est 10h du soir, nous venons de décider d’aller à la rencontre de l’ouragan « Ernesto » au Mexique. Sa trajectoire pointe le centre du Yucatan. Nous chargeons les caisses de matériel (450kg), nous nous mettons en route (6h de trajet) tout en sachant que nous serions à Roissy le lendemain matin. Cependant, une fois sur la route, nous apprenons en suivant les mises à jour de la trajectoire de « Ernesto » que l'ouragan vient de tourner plein Ouest, et de repartir en mer. Demi-tour, fin de l'expédition, on rentre. À peine rentré, nous apprenons finalement qu'« Ernesto » a repris sa route, si bien que nous nous remettons aussitôt à sa poursuite. 24h plus tard, à bord d’un 4x4 nous approchons de l’œil de « Ernesto », mais il fait nuit. Finalement nous n'aurons que peu d’images, car en se déplaçant à une vitesse de 30km/h de moyenne, l’ouragan avait traversé le Yucatan pendant la nuit. Nous aurons plus de chance avec le prochain.

un cameraman filme au ras de l'eaunotre module de caméra appelé wall-el'équipe en train de réaliser des prises de vueun plongeur réalise des prises de vue sous l'eauune caméra en train de filmer une équipe de secouriste
Notre équipe a dû se déplacer dans tous les milieux. De haut en bas : notre caméraman en train de filmer, à demi immergé dans une rivière, le module "Wall-E" créé pour filmer l'ouragan, puis notre équipe en train de réaliser des prises de vue en mer, un plongeur en train de filmer dans une piscine; enfin, notre caméra avec une équipe de secouriste en pleine intervention à l'arrière-plan.

L'ouragan Arthur : suivi météo avant tournage

L'ouragan Arthur, dont l'évolution ainsi que les déplacements sont suivis grâce à l'un des outils météorologiques auxquels nous avions recours pendant tout le tournage pour prévoir la course des tempêtes tropicales au fur et à mesure de leur évolution. Dans cette vidéo, on peut voir les vents violents se former sur la côte de la Floride, au gré de la dépression, et on aperçoit également l'ouragan longer la côte Est des États-Unis.