OURAGAN

Un film de
Cyril Barbançon, Andy Byatt & Jacqueline Farmer
LE 8 JUIN

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Ouragan : naissance formation et mort d'un phénomène météorologique

Un ouragan, désigne, en météorologie, un épisode climatique de courte durée qui constitue en fait seulement le point culminant d'un phénomène climatique beaucoup plus étendu. Ce phénomène, avant de devenir l'ouragan, et après l'avoir été, se décompose en plusieurs phases.

Qu’appelle-t-on ouragan ?

Mais il faut d'abord lever une confusion autour de l'emploi du mot « ouragan » : tandis que dans une zone géographique bien précise (comprenant notamment le Golfe du Mexique, une partie du Pacifique Nord (incluant les Antilles) ainsi que le Pacifique Sud et la partie sud-est de l'Océan Indien), il désigne précisément, ce phénomène que l'on vient de définir, c'est-à-dire le cyclone tropical, il est également le nom usuel, dans les zones non tropicales, employé pour toute tempête particulièrement violente, avec des vents avoisinant ou dépassant les 120 km/h. C'est évidemment la première signification que nous allons retenir ici.

D'autre part, une seconde précision s'impose quant à l'emploi des mots ouragan, cyclone et typhon. Ils sont en fait tous les trois parfaitement synonymes, la seule différence entre eux consistant à l'aire géographique dans laquelle ils s'emploient :

un ouragan vu depuis l'espace
Un ouragan observé au-dessus de l'Atlantique Nord

Dans cet article, nous utiliserons donc indifféremment les termes d'ouragan, de cyclone tropical ou de typhon, puisque c'est le point de vue météorologique qui nous intéresse, et non l'aire géographique dans laquelle il évolue.

Étymologiquement, le mot « ouragan » est venu au français il y a plusieurs siècles par l'intermédiaire de l'espagnol « huracán », qui l'a elle-même importé du mot « Juracán », provenant d'une langue parlée dans les Antilles. À l'origine, chez le peuple Taïno, ce mot servait à désigner une divinité du vent, de la tempête et du chaos.

Formation des ouragans

La formation des ouragans demeure un mystère que les recherches scientifiques menées depuis des décennies peinent à éclairer, bien que des progrès importants aient été effectués, qui permettent notamment l'établissement de facteurs climatiques et atmosphériques indispensables à leur apparition.

Il faut tout d'abord considérer l'ouragan comme une colossale machine thermodynamique avide d'énergie, qu'il puise en partie dans les mers chaudes et en partie dans les courants d'air qui le traversent. C'est d'ailleurs pour cette raison qu'un ouragan qui s'est développé en mer jusqu'à atteindre une puissance incroyable s'éteint rapidement quand il atteint les côtes et traversent les terres : il perd ses principales sources d'énergie et s'effondre alors.

Parmi toutes les conditions propices, qui sont nombreuses, les suivantes sont prépondérantes :

Globalement, le processus est le suivant : les mers et les océans, réchauffés par l'action du soleil, atteignent la température de 26,5°C, puis connaissent une évaporation importante et un air à la fois chaud et chargé en humidité s'élève dans les régions supérieures, tandis qu'un air froid souffle dans les régions inférieures, au-dessous de cet air chaud le tout formant peu à peu un système dépressionnaire animé d'un mouvement.

Le mouvement thermodynamique est enclenché. Des nuages se forment alors (généralement des cumulonimbus), et les perturbations s'accroissent, formant des orages et des précipitations. Les courants d'air contraires (ascendants et descendants) prennent de la force, la dépression tropicale absorbe de l'énergie, les nuages se massent et la colonne d'air gagne en puissance. L'ouragan est alors formé ; tant qu'il restera au-dessus des flots son système pourra être alimenté, mais dès qu'il gagnera les terres, privé de ses principales sources d'énergie (à savoir, la chaleur et la température) sa force diminue rapidement et il s'effondre.

Sa durée de vie est assez brève : de sa naissance jusqu'à sa mort, généralement à peine plus d'une semaine s'est écoulée. Comme dit précédemment, c'est l'arrivée sur les terres qui précipite sa fin.

Structure d'un cyclone

La plupart des typhons, cyclones ou ouragans adoptent une structure très similaire, reconnaissable entre toutes grâce à des caractéristiques bien précises. C'est avant tout par ses dimensions, que le système se distingue. S'il est visible depuis l'espace, c'est parce qu'il est particulièrement dense et qu'il s'étend sur plusieurs centaines de kilomètres.

L'œil

l'œil du cyclone vu depuis un satellite
L'œil du cyclone

C'est peut-être la spécificité la plus reconnaissable, surtout quand on dispose d'une vue aérienne. L'œil du cyclone est le point central autour duquel les spirales de nuages viennent s'entourer. C'est aussi un espace le plus souvent calme et dépourvu de masses nuageuses, où le ciel peut même être dégagé, et ne présenter ni pluies importantes, ni vents violents. L'œil présente des dimensions réduites par rapport au diamètre de l'ouragan tout entier, avec des diamètres de 30 à 60 km etune circonférence comprise entre 90 et 190 km.

Cet œil particulièrement calme donc, constitue pourtant le centre du mouvement rotatif qui caractérise ce phénomène climatique. Il constitue le centre d'une sorte de vortex, de spirale particulièrement identifiable dans le phénomène vu depuis l'espace. L'air est ici sec et suit un mouvement descendant.

Le fonctionnement de l'œil et les mécanismes qui président à sa formation restent encore méconnus.

Le mur du cyclone

Vue du sol, c'est la colonne de nuages d'une hauteur de 10 à 15 kilomètres, matérialisée par une masse nuageuse particulièrement dense, d'un diamètre allant de plusieurs dizaines à plus d'une centaine de kilomètres, qui permet immédiatement l'identification de ce phénomène.

Le mur du cyclone à proprement parler et la bande la plus dense, située tout autour de l'œil. Dans cette zone, on trouve essentiellement des cumulonimbus particulièrement violents et chargés d'humidité. C'est ici que se déchaînent les vents les plus violents, e que se concentrent tous les effets dévastateurs qui, à l'intérieur des terres, vont causer les plus importants dégâts.

Ce mur prend l'apparence d'un tronc nuageux vertical et particulièrement compact, s'évasant avec l'altitude.

Les bandes nuageuses périphériques

Des bandes nuageuses entourent ce mur. Elles se caractérisent par une alternance de courants d'air chauds ascendants et de courants d'air froids descendants. Leurs mouvements sont extrêmement rapides et violents.

L'instabilité y est particulièrement élevée. Des grains et des précipitations importantes se déversent dans les zones où les courants d'air sont ascendants ; celles-ci sont plus faibles dans les zones où les courants d'air sont froids et descendants.

Au total, la taille d'un ouragan est gigantesque : si l'on évalue l'entièreté du phénomène, il peut atteindre un diamètre allant de 400 jusqu'à parfois 1000 km, et une circonférence 1200 à 3000 km.

Sens de rotation

Si leur structure, leur formation, et les conditions nécessaires à leur apparition sont identiques quel que soit la zone du monde dans laquelle ils prennent naissance, les ouragans ont un sens de rotation différent selon l'hémisphère dans lequel ils se forment.

Dans l'hémisphère sud, le cyclone tropical suit un sens de rotation horaire, c'est-à-dire de gauche à droite, ou dans le sens des aiguilles d'une montre.

Dans l'hémisphère nord au contraire, le cyclone tropical suit un sens de rotation antihoraire, c'est-à-dire de droite à gauche, ou dans le sens contraire des aiguilles d'une montre.

Le mécanisme qui préside au sens de rotation de l'ouragan est particulièrement complexe et met en jeu la force de Coriolis : la circulation des vents à l'intérieur du cyclone s'opère en effet différemment en fonction du sens de rotation de la terre.

La saison des ouragans

La saison des ouragans diffère en fonction de la région du monde. En effet, comme les facteurs climatiques et météorologiques devant être réunis pour qu'ils puissent se former sont nombreux, ceux-ci ne peuvent survenir qu'à certaines périodes de l'année.

Néanmoins, il peut arriver, en de très rares occasions, que des cyclones se forment hors de la saison habituelle.

Puissance et catégorisation

La puissance et l'intensité des cyclones est évaluée en fonction de nombreux critères différents. Certaines échelles tiennent compte de l'énergie libérée au cours de la durée de vie totale du phénomène, d'autres utilisent simplement la force des vents, d'autres encore évaluent celle-ci à partir des dégâts constatés et de la dévastation des zones traversées par le cyclone.

Différentes techniques sont utilisées pour prévoir ou évaluer cette énergie : des sondes peuvent être envoyées pour recueillir empiriquement des données au cœur du phénomène, comme la pression athmosphérique, les températures et bien sûr la vitesse des vents. L'imagerie satellitaire peut fournir des informations permettant d'estimer ces mêmes valeurs à partir des seules images.

La catégorisation la plus connue est l'échelle de Saffir-Simpson. Elle contient 5 palliers :

Les phénomènes les moins puissants peuvent causer des dégâts limités, avec une mortalité humaine très faible, mais les systèmes les plus dévastateurs, entraînent des pertes humaines et matérielles très élevées, qui sont causées autant par les vents qui détruit les infrastructures les plus résistantes, que par le volume des précipitations, qui causent des inondations meurtrières.